Foire aux Questions

Souvent, les questions posées au sujet des Réducteurs de Son, que nous nommeront RDS, portent sur des thématiques similaires.
Afin de gagner du temps et de bénéficier d’une source d’informations de qualité, vous retrouverez ici les plus fréquentes d’entre elles.

1. Pourquoi utiliser un silencieux ?

Pour commencer, l’utilisation d’un silencieux a un effet sur 3 niveaux, sur l’utilisateur, sur l’entourage du tireur et sur le voisinage du champ de tir

Pour le tireur

Lors du départ d’un coup de feu, la libération dans l’air à la bouche de l’arme d’une grande quantité de gaz chauds en expansion, génère une onde de pression que nous percevons partiellement sous la forme du bruit. Cette onde de pression s’exerce sur toute la zone O.R.L, yeux, nez, front, gorge, oreille externe, par transmission solidienne.

Ce phénomène est cumulatif, et les protections auditives passives, de type casque et/ou bouchons auriculaires, n’en protègent que partiellement. Par conséquent, il peut être constaté chez un grand nombre de tireurs, civil ou militaire, une perte d’audition progressive, et ce malgré le port des protections auditives.

Tous ceux qui à l’issue d’une séance de tir souffrent d’acouphènes, de maux de têtes, de difficultés de concentration ou de problèmes de vue doivent savoir que ces inconvénients peuvent êtres évités en utilisant un RDS en plus des protections auditives classiques.

Pour l’environnement immédiat du tireur

Les dégâts ORL d’un coup de feu ne se limitent pas au seul tireur mais également à son entourage immédiat lors du départ du coup. Le RDS protège donc le tireur et son entourage immédiat.

Pour le voisinage du pas de tir

De nombreux stand de tir sont confronté à des problème de nuisance sonore lié aux habitations voisines. L’emploi d’un RDS est une réponse simple et efficace à ces problème de nuisance sonore.

2. Un RDS plus gros ne serait-il pas plus efficace ?

Le volume est loin d’être le seul facteur contribuant au bon fonctionnement d’un réducteur de son. Son rôle dans la diminution de l’amplitude de l’onde de pression est réel, mais secondaire.

En revanche le profil des éléments internes intervient de façon décisive. Un RDS peut ainsi se comparer à une aile d’avion. Si elle n’a pas le bon profil, l’avion ne vole pas, et un gros fer à repasser ne vole pas mieux qu’un petit.

D’autre part, le volume interne représente également une quantité de fluide que le projectile devra déplacer devant lui. Ainsi une  »onde préliminaire » est créée, dont l’importance peut devenir problématique.

Enfin, la présence dans le RDS d’une quantité importante d’air peut provoquer une reprise de combustion des gaz. Cela implique donc une augmentation du niveau sonore en sortie.

En conclusion, au delà du seuil de rendement optimal, le volume est donc contre-productif.

3. Pouvez-vous fileter le canon de mon P.A. Afin d’y adapter un RDS ?

Oui, bien sûr, pour peu qu’il dépasse d’au moins 12mm de la culasse, et que son diamètre à la bouche soit d’au moins 14,7mm pour un .45, de 13.5mm pour un 9mm, de 11mm pour un 7,65mm, et de 10mm pour un .22lr.

4. Avez-vous des adaptateurs sur bushing pour Colt 1911/ 1911 A1 ?

Un bushing n’est pas fait pour recevoir un réducteur de son, et surtout pas un réducteur de son performant. Sa faible portée de 1mm² n’est pas à même de supporter les contraintes générées par la masse du RDS. Il est donc incapable de supporter l’usage d’un RDS.

De ce fait, à l’utilisation, si vous avez de la chance, c’est le bushing qui cassera. Si vous n’en avez pas, ce sera la culasse.

5. Ma carabine n’est pas filetée. Pouvez-vous quand même y monter un RDS ?

Oui, bien sûr, à condition de fileter le canon. La bouche doit être dégagée sur au moins 12mm du fût / bloc de gaz / tube de magasin, afin de pouvoir réaliser l’opération correctement.

Cependant, compte tenu de la relative absence de concentricité constatée entre l’âme et le fût de tout canon, une rectification et un filetage sont en effet nécessaires à un montage correct. Autrement,  la qualité première de l’arme, sa précision, risque de ne pas être préservée.

6. Le .45 ACP est-il la munition idéale pour monter un silencieux ?

Tout d’abord, le .45 ACP tire des projectiles au coefficient aérodynamique ( »Cx ») médiocre, et bien que physiquement subsonique. Il s’agit d’une munition relativement bruyante, en raison de son calibre.

En effet, si les gaz de combustion sont libérés sont sous une faible pression, il en est cependant libéré une quantité proportionnelle à celui-ci.

D’autre part, il est important de considérer la question de  »l’étanchéité relative » entre l’intérieur du silencieux et le projectile. Le projectile ne doit en aucun cas toucher l’intérieur du silencieux, ce qui implique une marge. Cette marge doit rester réduite, représente en moyenne 1mm. Or, une surface annulaire de 1mm d’épaisseur n’a pas du tout la même importance pour un calibre .30, un 9mm ou un .45 !  De ce fait, l’étanchéité relative est inférieure pour un .45 que pour un 9mm, et encore bien moindre que pour un .30.

Plutôt qu’un .45, un P.A en 9mm tirant des munitions subsoniques sera bien plus discret. Pour une arme d’épaule, un calibre .30 sera non seulement beaucoup plus discret, mais bien plus performant en termes de portée, du fait de profils de projectiles plus favorables. D’autre part, les projectiles  »lourds » en .30 ont des masses similaires à celles des projectiles de .45.

7. Pourquoi utiliser un silencieux avec une munitions supersonique ?

Le régime supersonique se prête parfaitement à l’utilisation d’un silencieux.

Un coup de feu se caractérise en termes de bruit, et de recul.

Le bruit a deux origines:

    • Il est dû à la libération des gaz de combustion dans l’atmosphère, responsable de la plus grande fraction du bruit total. C’est ce gaz qui est réduits par un RDS.

    • Il est dû au déplacement du projectile lui-même, qui se manifeste surtout en régime supersonique, et qui est incompressible.

Concernant le recul, un silencieux  »correct » réduit celui-ci de 30% grand minimum, par son action similaire à celle d’un frein de bouche.

8. Pourquoi monter des RDS sur des armes automatique ?

Pour trois raisons principales:

  • Premièrement, la protection des opérateurs. En effet, l’usage d’un silencieux lutte contre la perte des capacités auditives et les traumatismes de la zone O.R.L dûs à l’effet de blast des départs de coup.
    L’accoutumance au bruit dont parlent parfois certains  »anciens » s’appelle … la surdité..
  • Secondement, l’amélioration de la précision de tir, grâce à l’action bénéfique du RDS sur le recul en général, et sur son effet anti-dépointage en particulier.
  • Enfin, parce qu’il est beaucoup plus difficile de localiser un tireur équipé d’un RDS. Au combat, on règle son tir sur le départ des tirs de l’ennemi. Or, avec un RDS, le bruit porte à 300m là où il porte autrement à 2000m. De plus, un RDS est le meilleur cache-flamme qui soit. Pas de flamme, pas de nuage de sable ou de poussière permettant de localiser le départ du coup.

De plus, la source principale du bruit est le projectile lui-même et non le tireur, et cette source se déplace en direction du point d’impact.

Un RDS ne rend pas le tireur silencieux, mais il le rend invisible.

9. Quelle est l’influence d’un silencieux sur les performances de l’arme ?

Un RDS de bonne facture et correctement monté sur votre arme en améliorera les performances.

Tout d’abord, il permet un meilleur contrôle du recul et évite que les gaz continue d’agir sur le projectile. Comme un frein de bouche mais en plus performant.

De plus, sa masse en bout du canon contribue à diminuer l’amplitude des vibrations de celui-ci et peut éventuellement affecter positivement son régime vibratoire.

Cependant, le RDS peut modifier très légèrement le point d’impact, ce qui se résout par un simple réglage de l’arme.

10. Un silencieux n’est-il pas plus efficace avec un ressort pour absorber l’énergie ?

Il existe deux types de montage à ressort.

L’un utilise un ressort pour plaquer des chicanes et les maintenir serrés à l’intérieur du silencieux. Ce système ne joue aucun rôle lors du tir mais facilite l’usinage. Le ressort permet donc d’augmenter les tolérances de production sur des modèles bas de gamme.

L’autre conception, se basant effectivement sur l’absorption de l’énergie des gaz par un/des ressort(s), est d’une efficacité plus que réduite. En effet, le ressort ne commence à se comprimer qu’après le passage du projectile. Cela est du fait de son moment d’inertie bien plus important que celui des gaz.

Il s’agit d’un fonctionnement similaire à celui observé dans un système amplificateur d’inertie dans un silencieux pour PA.

L’ensemble se déplace seulement une fois que le projectile et une grande partie des gaz ne soit sortis. De ce fait, l’effet sur la réduction sonore est quasi-nulle.

11. Quel isolant/ absorbant phonique mettez-vous dans vos RDS ?

Aucun. Les projectiles ne sont pas propulsés par du son, mais par des gaz.

Le bruit est le logarithme d’une variation de pression, il naît dans l’atmosphère, et non dans le RDS.

12. Les silencieux ne favorisent-ils pas le braconnage ?

Non, et pour deux raisons.

La première, le silencieux ne diminue pas le bruit du projectile, qui reste perceptible, en particulier en régime supersonique.

La deuxième, le silencieux ne favorise en aucune façon le déplacement/ l’enlèvement de l’animal une fois le tir effectué.

Par conséquent, le silencieux, interdit à la chasse en France, ne constitue dans notre pays une assistance intéressante que dans un contexte de tirs de destruction, dont un des objectifs est d’être réalisés en préservant la quiétude des riverains.

13. Que mettez-vous à la place de l’aluminium comme absorbant thermique dans vos silencieux ?

Tout d’abord, l’aluminium n’est pas un absorbant thermique. Aucun métal n’est un absorbant thermique. Les métaux sont tous d’excellents conducteurs calorifiques.

De plus, si une partie de l’énergie des gaz est effectivement absorbée par le canon/ le RDS, le concours de cette fraction dans le fonctionnement global du RDS est négligeable. Compte tenu de la brièveté du passage du projectile dans le RDS, et du caractère turbulent du flux gazeux, la capacité d’échange avec un quelconque  »radiateur » est extrêmement faible.

Nous employons l’aluminium du fait de sa légèreté et de son usinabilité. Sa résistance mécanique est moins importante que celle de l’acier, sa tenue en température est très inférieure. C’est pourquoi nous le réservons à des modèles de RDS bien précis, comme ceux destinés à des munitions à basse pression et aux armes à faible cadence de tir.

14. Quelle est l’influence sur la vitesse du RDS ?

Aucune. Il ne rentre pas en contact avec le projectile, qui a déjà acquis sa vitesse initiale dans le canon de l’arme. Le RDS ne fait que détendre les gaz, dont l’effet sur la propulsion n’est plus que marginal, voire néfaste en termes de précision du tir.

15. Quel est le calibre idéal pour une carabine silencée ?

Cela dépend de l’utilisation !

Pour faire du tir  »de loisirs », entre 50 et 100m, une carabine .22lr reste le choix de référence.

Pour des distances plus importantes, le calibre intermédiaire idéal à utiliser avec un RDS est le .300 AAC Blackout. Il offre le meilleur compromis possible entre discrétion et performances ballistiques, et ce même en régime subsonique.

Cependant tout les calibres « standard » , inférieur ou égal à .30, tels les .243, .270, .7×64, 30-30, 300 Savage… constitue des calibres efficace avec un silencieux, et on comme avantage d’être plus courant et plus accessible que le .300 AAC Blackout.

Si le tir nécessite une discrétion maximum, il est possible de se procurer ces munitions subsoniques dans ces calibres, ou d’opter pour le rechargement.

16. Je ne veux pas faire de bruit, et je veux plus  »gros » que du .22lr, que pensez-vous d’une .222 en subsonique ?

Bien que les munitions correspondantes existent, c’est un choix qui ne présente pas d’intérêt.

En effet, un projectile de .22lr, comme un projectile de .222, sont deux projectiles de 5,5mm animés d’une même vitesse en régime subsonique, et la différence en termes de balistique, externe comme terminale, ne justifie pas l’écart de prix avec une solution performante en .22lr.

Un projectile de plus fort diamètre (et donc de masse très supérieure) en tir subsonique, constitue un choix bien plus judicieux, tel que le .300 AAC Blackout.

17. Pourriez-vous m’expliquer, à propos du bruit?/ J’ai une question sur le bruit…/ les décibels..

Pour toute question à ce (vaste) sujet, nous vous invitons à prendre connaissance de notre article dans la section  »technique » de ce site.

18. Pourquoi ne faites vous pas de réducteurs de son désaxés ou décalés, pour permettre d’utiliser les organes de visée d’origine sur Pistolet Automatique ?

Parce qu’il existe des contraintes mécaniques internes au dispositif amplificateur inertiel, qui nécessitent un diamètre minimal.

La majorité des réducteurs de son excentriques le sont pour des raisons de volume augmenté, pas d’en diminuer la hauteur par rapport à l’axe du canon.

La solution au problème consiste à monter des instruments de visée surélevés.

Pour les pistolet Glock, nous proposons un rail picatinny permettant le montage d’un point rouge pour remplacer la mire traditonnelle.

 19. Pouvez vous me donner la vitesse exacte du son afin que j’adapte mon rechargement avec précision, je ne trouve cette donnée précise nulle part.

La vitesse du son est la vitesse de propagation de l’onde dans le fluide ambiant, (dans le vide le son n’existe pas). Cette vitesse varie en fonction de la densité du fluide qui la porte, la vitesse du son est donc une variable selon la température, l’altitude, l’humidité.

Elle peut s’approximer par la formule suivante:

C air = (331,5 + 0,607·θ) m/s, avec θ= T°C de l’air.
Soit grossièrement 330 m/s à 0°C, et 340m/s à 20°C.

Pour être certain de votre rechargement et éviter de rentrer en régime transsonique, nous vous conseillons d’adapter votre rechargement à 0,9 fois cette valeur dans votre contexte, soit 300m/s grand maximum si vous envisagez de tirer en toutes saisons.

20. Quel gain sonore attendre, si je réduis ma charge de poudre pour abaisser ma vitesse de 30% ? Par exemple avec une carabine en .243Winchester à 600 m/s, au lieu de 900 ?

Aucun en particulier, le  »bang » supersonique est un seuil, si le projectile dépasse la vitesse du son, il fera sensiblement le même bruit, qu’il se déplace a 350 m/s ou a 900 m/s.

21. Pouvez vous faire sur ma carabine un silencieux  »intégral », avec des trous dans le canon ?

Oui, bien sur, mais cela ne sert pas à grand’ chose.

Comme nous l’avons écrit plus haut, au delà d’un certain seuil un réducteur de son plus gros devient contre-productif. Les trous dans le canon ne rendront pas subsonique une munition franchement supersonique, et ils seront inutiles avec une munition subsonique.

Les trous dans le canon augmentent sensiblement l’onde préliminaire, car les pressions s’égalisent entre le tube et le canon, et une partie des gaz passe devant le projectile.

Ce type de construction n’a d’intérêt que sur certaine armes dédiées utilisant des calibres faiblement supersoniques, qui seront rendus subsoniques en prélevant une partie des gaz immédiatement en sortie de chambre et en cloisonnant les différentes parties internes du  »silencieux ».

 22. J’ai acheté des munitions subsoniques et elles claquent beaucoup trop, comment cela est-il possible ?

La vitesse d’un projectile écrite sur la boîte n’est qu’une indication commerciale. Le seul moyen de connaitre la vitesse de votre projectile est de la mesurer sur un chronographe.

Elle est non seulement fonction de la charge de poudre, de la nature de l’amorce et du poids du projectile, mais aussi de la longueur du canon et de la nature de l’arme qui la tire. Enfin, elle dépend également, dans une moindre mesure, de la nature des rayures du canon, de leur profil, de leurs dimensions…

Il ne peut donc exister de rechargement subsonique universel  »performant ».

Si vous voulez une munition subsonique performante et adaptée à votre arme, il vous faut opter pour le rechargement, ou tester différentes munitions manufacturées jusqu’à trouver celle qui vous convient le mieux

 

Pour Aller plus loin :